Le 27 janvier 2026, l’association Agir pour l’environnement a dévoilé le tout premier palmarès des 97 villes-préfectures de France, évaluant la part d’alimentation issue de l’agriculture biologique dans les cantines des écoles primaires. Cette étude a été réalisée en lien avec la commission d’accès aux documents administratifs, de façon à ce que les chiffres qui puissent être présentés soient certifiés et exploitables. Cette méthodologie a demandé sept mois de procédure, et ont parfois été prolongées par une injonction administrative. En fin de compte, seules 86 villes sur 96 ont transmis leurs données. Les informations demandées comprenaient :
- Le pourcentage exact en valeur d’achat HT de produits issus de l’agriculture biologique servis dans l’établissement (conversion comprise).
- Le montant total HT des achats alimentaires
- Le nombre de repas total servis par année
Les résultats permettent de dégager certaines tendances intéressantes. Sur le total des municipalités enquêtés, 62 communes-préfectures avaient atteint ou dépassé le taux minimum légal de 20% de bio en valeur en restauration collective depuis le 1er janvier 2022. Elles étaient 66 communes-préfectures.
Une autre donnée qui retient notre intérêt est l’absence de corrélation entre le prix moyen des repas et la proportion de bio servie dans les cantines. Si les prix moyens ont globalement augmenté entre 2023 et 2024, le taux de bio n’est pas corrélé au cût moyen des repas.
Côté Normandie, la région n’est pas mise en valeur. Si Rouen occupe une place in choix avec 36.2% de bio dans ses repas en 2024 avec un prix fixé à 2.30€. Elle est suivie par Caen à le 29eme place (30% bio, repas à 1.72€). Les trois autres préfectures normandes sont plutôt dans le bas du classement. Saint-Lô occupe la 50eme place, avec 24,1% en bio et un repas/jour à 2.24€. Mais c’est Le Havre (19.4% bio) et surtout Evreux, bon dernier des classés, avec seulement 0.5% de bio sur ses approvisionnements, et un menu à 3.81€. Les augmentations de prix vues entre 2023 et 2024 ne montrent pas une augmentation significative du bio comme raison de l’augmentation de ses menus. Le rapport stipule l’absence de corrélation géographique, montrant que les mauvais élèves se situent aussi bien au sud qu’au nord de la France.
Bio en Normandie salue la démarche de transparence du réseau Agir pour l’environnement et l’interpellation des communes n’ayant pas joué le jeu de l’information. Disposer des données du territoire est un élément fondamental pour être en mesure d’accompagner sa transition agroécologique. Comprendre à quelle étape les communes en sont pour pouvoir proposer la démarche la plus ajustée possible.
- Pour en savoir plus : le rapport d’Agir pour l’environnement disponible ici.


