Gestion de l’enherbement avec un outillage de fauche

herbe

Contexte et objectif

Ces deux constats, mis en vis-à-vis de l’approche de Gérard Ducerf sur la nature ” bio-indicatrice ” de la
flore spontanée, ne manquent pas de nous suggérer que le « problème » de la végétation adventice,
pourrait être contourné à notre avantage. La végétation spontanée n’aurait-elle pas vocation à remplir
ce rôle d’engrais vert ?
En effet, l’approche ” bio-indicatrice ” souligne que la présence de toute « mauvaise herbe » est un
symptôme qui correspond à une condition de levée de dormance précise. 

Elle nous révèle aussi que
cette plante contient le remède au déséquilibre qu’elle signale. Nos écosystèmes poursuivent en effet
un état d’équilibre énergétique : le climax (chez nous la forêt, le système le plus productif au m2 bien
qu’en complète autonomie).
À la Ferme du Château, on cherche depuis plusieurs décennies à tirer profit de la flore spontanée en
terme d’équilibre et de fertilité du sol.
Afin de contrôler cette végétation concomitamment à la conduite des cultures, on est allé chercher des solutions du côté de l’outillage utilisé en entretien des espaces verts. Le caractère régulateur des adventices peut ainsi continuer de s’exprimer, alors même qu’on maîtrise les risques de concurrence

Description et mise en œuvre

Les champs sont travaillés en planches permanentes, sous forme de buttes. Elles sont reprises à la sortie
de l’hiver à l’actisol et reconstituées à l’aide d’une butteuse à asperges.
Les buttes ainsi préparées reçoivent ensuite un mixe de cultures longues (choux, céleris, persil, haricots…)
et de cultures courtes (salades, radis, navets, fenouils…).
Tandis que la période n’est encore pas trop poussante, un premier entretien est effectué à l’aide de binettes
et sarcloirs oscillants.

Les cultures courtes sont récoltées, et la culture longue gagne en espace. Parallèlement, l’augmentation de la chaleur accélère le rythme de croissance des mauvaises herbes et la planche s’enherbe. L’étouffement
commence alors à menacer certaines cultures.

Grâce à des outils de coupe variés (débrousailleuse, taille haie sur perche, cisaille à gazon), capables de
passer dans tout type d’espacement, on intervient en fonction des besoins. Ces opérations sont bien plus
rapides que les traditionnels sarclages. Les chaûmes sont laissés au sol et se dégradent à leur rythme.

Résultats

« Plus aucune culture n’est perdue à cause d’un retard de suivi dans le sarclage. On gagne ainsi
énormément en souplesse dans la saison quand la charge de travail est à son apogée. »

Reproductibilité

C’est en partie l’installation d’un système d’irrigation enterré performant et facile d’usage partout sur la ferme qui a permis d’imaginer ce système. En effet la concurrence hydrique en été peut être réelle à ces stades d’enherbement.

 

Vos conseillers

Cécile Ananouh

Fabien Bocquet

Fabien Bocquet